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Pendant
longtemps, faussement réputée chez les jeunes comme
étant inoffensive mais en réalité un psychostimulant,
hallucinogène et toxique "aigu", l'Ecstasy se propage
dans la jeunesse à travers les soirées "rave"
et les "boîtes de nuit assortie à la musique "techno".
L'Ecstasy se présente
sous forme de comprimés ou de gélules, blancs ou de
couleur, portant parfois un motif qui en qualifie la provenance.
Le produit s'absorbe par voie orale et peut-être incorporé
à de nombreuses boissons. Rarement pur, on le trouve en association
avec d'autres produits plus ou moins actifs, allant du ... vermifuge
pour chien au ... L.S.D.
Sa consommation dans les soirées
"rave", souvent accompagnée d'alcool, peut conduire
à des intoxications graves (il n'existe pas actuellement
d'antidote spécifique) et à des lésions cérébrales
irréversibles. Des décès peuvent survenir même
après l'ingestion de doses modérées. L'Ecstasy
est aussi responsable d'accidents de la route. Parfois baptisée
"Pilule d'Amour", mais en réalité "Pilule
de Mort", l'Ecstasy fait partie des produits classés
stupéfiants depuis l'arrêté du 9 juillet 1986;
les consommateurs encourent des sanctions (1 an de prison et/ou
25.000 F d'amende).
L'expérience
de la consommation d'Ecstasy n'est jamais sans conséquences
graves.
LE
FONCTIONNEMENT CÉRÉBRAL RISQUE D'ÊTRE PROFONDÉMENT
ET DURABLEMENT PERTURBÉ
.
I
Produits, Origine, propriétés générales
On
appelle "drogues de synthèse" ("designer drugs")
des substances synthétisées pour des raisons purement
commerciales et récréatives, La plupart sont apparentées
aux amphétamines. Comme celles-ci, elles possèdent
de puissantes propriétés stimulantes,
La
plus répandue à l'heure actuelle est la MDMA plus
connue sous le nom d'ecstasy. C'est une substance blanche, à
odeur de moisi. Les sels d'ecstasy sont solubles dans l'eau, ce
qui permet de mélanger la substance à diverses boissons.
La
synthèse chimique de l'ecstasy est relativement simple et
peut s'effectuer dans des locaux domestiques comme des garages.
Elle se présente sous forme de comprimés utilisés
par voie orale, une capsule contenant de 50 à 150 mg de MDMA,
mais pouvant contenir aussi des proportions variables de MDA selon
la méthode de synthèse. Le produit obtenu est rarement
pur, les divers contaminants pouvant contribuer à sa toxicité.
Il peut être coupé par d'autres composés psycho-actifs
comme le L.S.D. et les amphétamines.
II
Historique
La
MDMA â été pour la première fois synthétisée
par Merck et brevetée en 1914 comme modérateur d'appétit.
Sa toxicologie n'a été explorée qu'à
partir de 1950. Elle a été classée comme drogue
illicite en 1985 aux USA, mais certains psychiatres lui attribuent
encore une valeur thérapeutique, surtout parce que la MDMA
agit comme désinhibant. Jusqu'au milieu des années
80, les utilisateurs d'ecstasy se l'administraient alors qu'ils
étaient seuls ou en petit comité et les cas d'intoxications
étaient rares. A partir de 1987, des cas d'intoxications
graves et de décès ont été observés
en Angleterre puis aux États-Unis. L'inquiétante progression
des cas d'intoxications graves liés à l'ecstasy provient
de son utilisation récente dans les boites de nuits ou dans
les soirées où l'on danse frénétiquement
pendant toute la nuit ou "rave parties". En France, elle
est au Tableau B depuis Juillet 1986. Elle figure sur la liste des
substances contrôlées des Nations Unies.
III
Propriétés Pharmacologiques
La
MDMA possède l'effet stimulant des amphétamines associé
à des propriétés euphorisantes. L'ecstasy agit
principalement sur les neurones sérotoni-nergiques. Elle
inhibe de façon irréversible la tryptophane hydroxylase,
enzyme qui limite la production de la sérotonine , Chez le
rat, cette inhibition dure deux semaines après une seule
injection.
La MDMA déforme les
perceptions sensorielles et de contact (cutanées par exemple),
mais pas ou peu la perception visuelle. Elle entraîne euphorie
et augmentation de la motricité. C'est une substance dont
la consommation entraîne une dépendance comme la plupart
des amphétamines.
Les doses provoquant l'effet recherché ou des effets toxiques
sont extrêmement variables d'un individu à l'autre.
La dose tuant 50% des animaux, chez le singe et le chien, est de
l'ordre de 20 mg/kg. Il existe un recouvrement important entre doses
toxiques et doses récréatives, en fonction donc des
individus, mais aussi des circonstances de consommation.
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